Le sport a une longue tradition dans les pays tchèques, ses origines remontent au quatorzième siècle sous le règne des Luxembourg. A cette époque, la popularité des divers tournois de chevaliers , que l’on peut considérer comme précurseurs des épreuves sportives, commença à se développer.
La luge et le patin s’ajoutèrent aux activités favorites au quinzième siècle. Les patins sont toutefois certainement apparus dès le treizième siècle. À part les patins à base en bois et lame en métal, on patinait aussi sur des os aiguisés.
Au tournant des quinzième et seizième siècles, les premiers sports en salle apparaissent, ou plutôt les sports pratiqués dans des salles de balle . La salle de balle du château de Prague a été conservée jusqu’à aujourd’hui. Les nobles et aristocrates pratiquaient un jeu similaire au tennis dans ces salles, ou d’autres sports de balle, mais ils s’y entraînaient aussi au tir à l’arc. Le jeu de quilles devint peu à peu populaire. Et au dix-septième siècle fut créée la Salle d’escrime professionnel tchèque royale, où pris naissance l’escrime sportif.
Sokol (faucon)
Mais ce n’est qu’au dix-neuvième siècle qu’apparaît le sport tel que nous le connaissons et son organisation. Le 16 février 1862 le Sokol de Prague est fondé, à la tête duquel figurent Miroslav Tyrš et Jindřich Fügner. D’autres établissements du Sokol furent créés d’après le modèle du Sokol de Prague dans d’autres villes des pays tchèques, mais aussi à l’étranger par des compatriotes. Des comitats (ici unité organisationnelle autonome) apparurent progressivement, et leur unification en 1904 donna naissance à la Communauté tchèque du Sokol. Le Sokol appartient d’ailleurs aux plus vieilles organisations de ce type dans le monde.
L’organisation catholique d’éducation physique Orel (aigle) fut créée en 1908 d’après le Sokol de Tyrš et de Fügner.
Mais Sokol n’était pas seulement une organisation sportive, elle était caractérisée par des idées profondément patriotiques et démocratiques. C’est pourquoi son activité fut arrêtée pendant la première guerre mondiale (en 1915), mais surtout sous l’occupation nazies, période à laquelle même Orel dut stopper ses activités, puis en 1948, date à laquelle elle fut absorbée par le système de « l’éducation physique unie ». En 1948 eut lieu le dernier rallye du Sokol – rencontre de tous les membres rassemblés dans le Sokol - pour de nombreuses années. Ces spectacles sportifs à grande échelle furent remplacés à l’époque communiste par les "Spartakiáda ". Ces évènements avaient déjà lieu il est vrai auparavant, la première fois en 1921, mais après 1948 ils devinrent le seul évènement sportif de masse autorisé, lié de près à l’idéologie communiste.
Les tentatives de rétablissement du Sokol furent interrompues en 1968 par l’intervention des armées du Pacte de Varsovie, le Sokol ne fut ainsi rétabli qu’en 1990.
Aujourd’hui, l’organisation Sokol soutient les activités de 57 sports, organisés par la Communauté tchèque du Sokol. Le plus grand département de la Communauté du Sokol est le département de l’universalité, qui crée le programme des activités physiques et des sports récréatifs pour tous les citoyens, y compris pour les handicapés. Les organisations du Sokol ont aussi beaucoup influencé l’expansion de la course Terry Fox en République tchèque, qui occupe avec le Canada la première place mondiale par le nombre de participants. Aujourd’hui, la Communauté tchèque du Sokol (CTS) regroupe près de 1100 unités et 190 000 membres. Le 14ème rallye du Sokol a eu lieu en juillet 2006.
Les étapes importantes de la compétition olympique tchèque et tchécoslovaque
Le premier grand succès olympique fut atteint par František Janda-Suk aux JO de Paris en 1900 à l’épreuve du lancer de disque . Il obtint la seconde place derrière le Hongrois Rudolf Bauer avec son lancer à 35,25 m et gagna ainsi la première médaille olympique aux couleurs de la nation. Janda-Suk remporta la médaille grâce à sa propre technique du lancer avec rotation , qui fut reprise par de nombreux athlètes et finit par être adoptée par le cercle des lanceurs de disque.
Les sportifs tchécoslovaques ont lutté pour la première médaille de la Tchécoslovaquie, fondée en 1918, aux JO d’Anvers en 1920. L’équipe de hockey, qui joua le premier tournoi olympique de hockey sur glace , fut la première à remporter une médaille. Les joueurs prirent la 3ème place et devinrent ainsi les premiers médaillés olympiques de la Tchécoslovaquie.
La première médaille d’or fut remportée 4 ans plus tard à Paris par Bedřich Šupčík à l’épreuve de la corde . Son temps de 7,2 secondes sur une corde de huit mètres sans l’utilisation des jambes était alors considéré comme le record du monde. Grâce à Šupčík, l’hymne national tchécoslovaque résonna pour la première fois aux jeux olympiques et le drapeau rouge-blanc-bleu fut hissé sur le plus haut mât.
L’épreuve de canoë a été intégrée aux disciplines olympiques aux JO de Berlin en 1936. Des 13 participants tchèques à cette discipline, onze d’entre eux se sont placés dans les six premiers à différentes épreuves de canoë. Jan Brzák-Felix et Václav Syrovátka ont remporté la médaille d’or à l’épreuve de canoë double sur 1000m. Ils furent suivis de Zdeněk Škrdlant et Václav Mottl sur dix mille mètres, qui remportèrent la seconde médaille d’or de canoë pour la Tchécoslovaquie. Bohuslav Karlík ajouta une médaille d’argent à l’épreuve de canoë sur un kilomètre. Les kayakistes remportèrent une quatrième, deux cinquièmes et une sixième place. Les sportifs du canoë-kayak furent les plus fructueux de la représentation tchécoslovaque à Berlin, qui rapporta en tout trois médailles d’or et cinq médailles d’argent.
Les premiers JO d’après-guerre eurent lieu à Londres en 1948. Les représentants tchèques réussirent à remporter 6 médailles d’or, deux médailles d’argent et trois médailles de bronze. L’un des athlètes tchécoslovaques les plus connus y remporta sa première médaille d’or, le coureur Emil Zatopek .
Il gagna trois médailles d’or aux JO suivant à Helsinki aux épreuves de course athlétique les plus difficiles – la course sur 5000m, sur 10000m et au marathon. Sa femme Dana Zátopková remporta la médaille d’or au lancer du javelot. Les représentants tchécoslovaques remportèrent sept médailles d’or, trois d’argent et trois de bronze à Helsinki.
Mais les jeux de Tokyo en 1964 surpassèrent tous les JO précédents par le niveau sportif. La représentation tchécoslovaque obtint le meilleur résultat jusque là. Elle prit la dixième place du classement final comme à Helsinki, mais cette fois la concurrence était bien plus grande, et elle remporta plus de médailles : 5 d’or, 6 d’argent et 3 de bronze.
Les Tchèques et les Slovaques ont joué ensemble sous un même drapeau pour la dernière fois aux JO de Barcelone en 1992. La République fédérale tchécoslovaque remporta alors sept médailles : 4 d’or, 2 d’argent et 1 de bronze.
Le Comité olympique tchèque
Le 18 mai 1899 le Comité olympique tchèque (COT) fut fondé sous l’impulsion de Dr. Jiří Guth-Jarkovský, membre du Comité olympique international, et du sportif tchèque renommé Josef Rössler-Ořovský.
Celui-ci devait remplir les fonctions de comité pour assurer la participation des Tchèques aux 2ème jeux olympiques de Paris en 1900. Le 7 mars 1900 il devint un organe permanent du sport tchèque, et est ainsi l’un des plus vieux comités olympiques nationaux à caractère permanent (à l’époque la plupart des CON étaient créés et ne fonctionnaient que peu avant les jeux olympiques). Le 18 juin 1919 il fut renommé Comité olympique tchécoslovaque. Pendant le Protectorat de Bohême-Moravie, il redevint le Comité olympique tchèque. Son indépendance fut confirmée en juin 1939 lors de la session du COI à Londres.
Après la mort du Dr. Jiří St. Guth-Jarkovský en janvier 1943, les autorités allemandes du Protectorat préparaient une intervention contre le COT. Afin d’empêcher cette intervention (et afin d’éviter la confiscation des biens), les responsables du COT décidèrent de se dissoudre « volontairement » le 29 avril 1943 et remirent leurs biens au Comité multisport tchèque.
En mai 1945, le Comité olympique tchécoslovaque renouvela ses activités et reprit possession de ses biens. Il fonctionna comme association jusqu’en décembre 1951, date à laquelle il fut incorporé comme département de l’Organisation sportive unie, et où il n’existait pour la forme que pour l’étranger. Il fut intégré au Comité d’État pour l’éducation physique et sportive (en conformité avec la loi de décembre 1952) après sa fondation.
En mars 1957 une nouvelle organisation sportive fut établie, l’Union tchécoslovaque pour l’éducation physique . Le Comité olympique tchécoslovaque (COTS) demeura un simple département, mais ses activités reprirent. Le comité recommença vraiment ses activités et débuta les préparations pour la candidature de Prague à l’organisation des 20ème jeux olympiques en 1980. La normalisation qui suivit stoppa à nouveau ses activités, et il dut renoncer à sa candidature, les 20ème JO furent organisés en 1980 à Moscou.
Au milieu des années 70 les activités du COTS reprirent à nouveau, lorsque le Club tchécoslovaque des participants aux jeux olympiques en 1975 et le Club tchécoslovaque du fair play en 1977 commencèrent leurs activités au sein du COTS. En 1987 l’Académie tchécoslovaque olympique fut fondée avec la participation personnelle du président du Comité olympique international Juan Antonio Samaranch.
Le Comité olympique tchécoslovaque devint indépendant au cours de la Révolution de velours en novembre 1989, et en avril 1990 il adopta un nouveau statut et un nouveau comité fut élu, avec à sa tête la gymnaste Věra Čáslavská, dix-sept fois vainqueur olympique.
Les préparations pour la dissolution de la Tchécoslovaquie en deux pays indépendants, la République tchèque et la République slovaque, amenèrent les membres tchèques du COTS à se réunir le 21 décembre 1992 et à rétablir les activités du Comité olympique tchèque (le Comité olympique slovaque fut fondé le 19 décembre 1992).
La 115ème session du Comité olympique international eut lieu à Prague en juillet 2003, et Vancouver fut élu comme organisateur des Jeux olympiques d’hiver en 2010.