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La révolution de Velours et les femmes à l’honneur du festival de cinéma tchèque et slovaque à Paris

 
photo:  (radio.cz)
 

Du 12 au 16 novembre, le Christine Cinéma Club accueille la 6e édition du festival de cinéma tchèque et slovaque, Czech In Festival. Né en 2009, à l’occasion du 20e anniversaire de la révolution de Velours, cet événement est une des rares occasions de découvrir, en France, le cinéma de l’ancienne Tchécoslovaquie et des deux nouvelles républiques nées en 1993. Pour parler de la programmation de cette nouvelle édition, Radio Prague Int. a interrogé la directrice du festival, Markéta Hodoušková :

 

« Nous avons choisi une dramaturgie qui présente la Tchécoslovaquie dans son histoire récente. Nous avons aussi voulu aussi montrer au public parisien quelle était la vie sous le communisme, avant la chute du mur de Berlin. Nous avons la chance que le film Milada, réalisé par David Mrnka, tourné d’après l’histoire authentique de la femme politique tchèque Milada Horáková, fasse l’ouverture de notre festival. Nous sommes très heureux de pouvoir accueillir à la projection le réalisateur et la fille de Milada Horáková, Jana Kánská, qui sera présente à Paris. »

Un moment très fort j’imagine, et un événement en soi. Rappelons que Milada Horáková était une députée démocrate, seule femme politique à avoir été exécutée pendant les procès staliniens dans les années 1950. Quels autres films avez-vous choisis, qui reflètent la période avant 1989 et celle de la révolution de Velours.

« Notre dramaturgie est chronologique. Nous commençons aux heures les plus noires du communisme. Un autre film reflète cette période, Zlatý podraz, de Radim Špaček que nous avons traduit comme Le croche-pied en or. Nous avons déjà montré plusieurs films de ce réalisateur à Paris. Ce film parle d’une équipe de basket-ball qui a participé à un championnat d’Europe mais qui montre aussi un jeune couple, qui vivent chacun d’un côté du rideau de fer. Ensuite, nous proposons un film tourné en 1989 par Irena Pavlásková, Le temps des larbins. Ce film a été projeté en 1990 au festival de Cannes, où il a eu une mention spéciale. »

Il faut d’ailleurs préciser que c’est le premier film tchécoslovaque à être primé à Cannes après la révolution de Velours…

« Exactement. Nous avons la copie de 35 mm qui était à Cannes et qui sera projetée au cinéma Christine. C’est un petit moment de mélancolie pour nous car on peut y voir la jeune Ivana Chýlková et Karel Roden. Ce film est un peu un pivot dans le festival. Les deux autres films projetés datent en effet de la période post-révolution. Nous proposons le film Meciar de la talentueuse réalisatrice slovaque, Tereza Nvotová. Comme son nom l’indique, c’est un portrait de cet homme politique slovaque (ancien Premier ministre slovaque, ndlr). Nous terminerons avec une autre histoire de femmes contemporaines tchèques, avec le film Chvilky (Les moments). Il sera présenté par la réalisatrice Beata Parkanová et l’actrice principale Jenovefa Boková, qui a eu ce film le prix d’interprétation féminine dans le cadre des Lions tchèques, en 2019. Nous sommes très heureux également, à travers cette dramaturgie, de mettre en avant le destin de femmes, et de ne pas seulement rendre hommage à la révolution de Velours, mais aussi aux femmes qui travaillent dans la culture et le cinéma et qui ont pu avoir des histoires très dures au cours de l’histoire mouvementée de la Tchécoslovaquie. »

On remarque en effet dans cette édition une importante présence féminine, que ce soit au niveau des héroïnes des films ou des réalisatrices…

« C’est volontaire. Les dernières éditions ont mis en valeur des talents masculins. Nous avons accueilli notamment Radim Špaček, Jan Hřebejk, Olmo Omerzu… En cette année-anniversaire, nous avons souhaité être attentifs à cela, comme c’est la tendance dans la plupart des festivals internationaux. Le festival est en outre créé par une équipe de bénévoles 100% féminine. Nous avons donc souhaité que les femmes et leur rôle dans la culture, le cinéma et l’histoire d’un pays soit bien mis en valeur. »

 
 
Auteur: Český rozhlas Radio Praha
 
Ajoutée: 12.11.2019
 
 
 

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