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Olivier Sylvestre: « La sexualité est tabou partout »

 
photo:  (radio.cz)
 

Tout ce week-end, le studio Alta de Prague reçoit le festival du théâtre francophone Mange Ta Grenouille. Et parmi les invités, un Canadien, Olivier Sylvestre, venu présenter sa pièce au nom énigmatique et un tantinet provocateur : Guide d’éducation sexuelle pour le nouveau millénaire. Une pièce à destination des jeunes et qui nous ramène à la veille du bug de l’an 2000, le tout dans une langue mêlant les particularités du québécois à la poésie la plus lyrique. Colin Gruel a rencontré le dramaturge.

 

Comment va se passer la lecture que vous allez donner dimanche 12 mai au studio ALTA ?

« En fait je n’en ai aucune idée ! C’est ma première fois à Prague et dans ce festival… Pour l’instant, l’accueil est très bon. La pièce a été traduite cette année en tchèque, elle va être présentée en tchèque… C’est la deuxième fois que la pièce va être présentée en public. Elle n’a eu qu’une seule lecture à Montréal en 2017. C’est la première fois qu’elle doit vivre et ce dans une autre langue, c’est tout un honneur pour moi. Et j’ai bien hâte de voir quelle va être la réaction des gens. C’est une pièce qui s’adresse d’abord aux ados, mais pas que, et qui traite de manière un peu frontale de la sexualité. J’ai hâte de voir comment le public va réagir, s’il va y avoir des ados, quelles discussions on pourrait avoir… »

Pourquoi une lecture et pas une représentation ?

« En fait, c’est le projet du festival, c’est surtout des lectures. C’est mis en espace, mais ce sont quand même des lectures. Dans ce cas-ci, la lecture nous aide à faire passer le texte, en fait. Les pupitres sont un peu un appui aux acteurs et au texte. Je travaille beaucoup avec la narration dans mes textes. Tout est dit dans les mots, parce que je ne fais pas confiance au metteur en scène. Il y a peu de didascalie. Les personnes vivent une situation, et en même temps ils se la racontent pour essayer de se l’interpréter et d’en faire u sens. Il y a ce double niveau qui fluctue constamment. »

Qu’est-ce que ça implique pour vous que le texte soit traduit en tchèque et présenté ici, dans un pays peu en pointe en ce qui concerne les droits des LGBT+ notamment ?

« En fait je ne sais pas du tout quel est le contexte ici. Mais moi je crois que la sexualité c’est tabou partout, même chez nous. Même si il y a plus de droits, même si les mentalités en sont peut-être à un autre point. Il y a toujours des difficultés avec les adolescents, dans l’éducation. Il y a toujours des tabous. Donc je prends le pari qu’en fait cette pièce arrive à un moment, dans un contexte culturel précis, et on essaye de faire avancer les gens d’un petit pas. Je lance une discussion mais je n’émets pas de jugement par rapport à un contexte que de toute façon je ne maîtrise pas. Mais tant mieux si ça suscite des débats. Quand j’écris des pièces, ce qui m’intéresse c’est ce qui va rester ensuite, ce qui va accompagner les gens après le spectacle. Après, ce que les gens ramènent ne m’appartient pas. »

Parlons du titre : la sexualité aurait changé après l’an 2000 ?

« Je mets en scène trois personnages, deux garçons, une fille, en 1999, au moment où moi j’ai 17 ans, et je trouve ça intéressant la symbolique entre le passage à l’an 2000 et le passage à la majorité, ce moment où on doit se définir par rapport à son orientation sexuelle, par exemple. Je trouvais ce parallèle intéressant, et donc c’est là que j’ai décidé de replacer la pièce. Pour des ados d’aujourd’hui, il y a quand même une sorte d’effet de décalage temporel. Je dois les amener dans mon adolescence à moi. Et donc je me compromets : le personnage principal s’appelle Oli, c’est assez proche. Mais c’est un peu le prix à payer pour aborder ces sujets que de parler de moi et de me mettre à nu, métaphoriquement parlant. Ce n’est pas tant que la sexualité a changé, même avec les applis de rencontre et ce que la technologie nous a apporté, je crois qu’on reste les mêmes humains avec les mêmes pulsions, les mêmes corps et les mêmes angoisses. Se retrouver dans l’intimité de quelqu’un d’autre ça reste quand même quelque chose de fort, d’inquiétant, et il faut avoir à se définir par rapport à ça. Ces questionnements n’ont pas trop changé. »

 
 
Auteur: Český rozhlas Radio Praha
 
Ajoutée: 11.05.2019
 
 
 

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