L’ancien président Václav Havel est mort
photo: (mzv.cz)
L’ancien président tchèque, dramaturge et essayiste, critique du régime communiste, Václav Havel, est décédé le dimanche 18 décembre 2011 à l’âge de 75 ans.
Dans les années 60 du XXe siècle, Václav Havel a exercé au sein du théâtre Divadlo Na zábradlí où il est devenu célèbre pour ses pièces Zahradní slavnost (1963, La Fête en plein air) et Vyrozumění (1965, Mémorandum). A l’époque du Printemps de Prague, il a contribué aux débats politiques et imposé l’instauration d’une société démocratique. Après une violente répression des réformes suite à l’intervention militaire des pays signataires du Pacte de Varsovie, frappé d’interdiction de toute publication, il est devenu l’un des principaux dissidents critiquant le régime normalisé. Il apportait un important soutien à la défense des prisonniers politiques et il est devenu co-fondateur et l’un des premiers porte-parole de l’initiative civique pour la défense des droits de l’homme Charte 77, gestes qui lui ont permis de raffermir son prestige international mais qui lui ont également apporté une condamnation à 5 ans de prison.
Après l’éclatement de la Révolution de velours en novembre 1989, Václav Havel est devenu l’un des co-fondateurs du mouvement anti-communiste Forum civique. Candidat du Forum, il a été élu président de la Tchécoslovaquie le 29 décembre 1989. Il a soutenu la volonté du pays d’obtenir une démocratie parlementaire et d’adopter les structures politiques des pays occidentaux. En 1992, il n’a cependant pas réussi à empêcher la dissolution de la Tchécoslovaquie. Depuis 1993, il a été président de la République tchèque pendant deux mandats consécutifs. Il a mis fin à l’adhésion du pays au Pacte de Varsovie et l’a amené à se joindre à l’OTAN. Il a également été un fervent partisan de l’adhésion de la République tchèque à l’Union européenne.
En tant qu’auteur littéraire, Václav Havel est devenu célèbre dans le monde entier pour ces drames écrits dans l’esprit du théâtre de l’absurde dans lesquels il aborde, entre autres, les sujets du pouvoir, de la bureaucratie et du langage, mais aussi pour ses essais. Dans ses essais et ses lettres écrites de la prison, il traite, outre les analyses politiques, les questions philosophiques, telles que la liberté, le pouvoir, la morale ou la transcendance.