Saint Martin est né en 316 après J.-C., sous le nom de Martin Tourský. Son père était un officier romain païen opérant dans la province romaine de Haute Pannonie, en Hongrie actuelle. Il a poussé Martin, âgé de 15 ans, à devenir soldat. La légende dit que, durant une nuit sombre et froide, Martin a vu dans la rue un mendiant à moitié nu qui lui demandait l’aumône. N’ayant pas d’argent, Martin a voulu au moins protéger le mendiant contre le froid. Il a coupé son manteau de soldat en deux et lui en a offert une moitié. La nuit suivante, Jésus Christ est apparu devant lui, vêtu de la moitié du manteau. C’est probablement sous l’influence de cette apparition que Martin a accepté d’être baptisé dans la Grande nuit de 339, décidé à consacrer sa vie à Dieu. Il a du cependant attendre encore environ 15 ans pour atteindre le grade d’officier lui permettant de quitter l’armée. En 372, il a accepté le siège épiscopal de Tours. Malgré sa nomination d’évêque, il a continué une vie de moine dans une cabane située près de la Loire où a été créée plus tard l’abbaye Marmoutier. Saint Martin est mort en 397 à l’âge de 81 ans à Candes, près de Tours. Il est patron des soldats, des chevaux, des cavaliers, des oies et des vignerons. Il est illustré le plus souvent à dos de cheval, vêtu de la moitié d’un manteau, en compagnie d’un mendiant.
Déjà dans le passé, la fête de Saint Martin a figuré parmi les fêtes préférées de l’année. Ce jour était lié non seulement à l’arrivée de la première neige, mais également à une vraie fête patronale, accompagnée de tout ce qu’il faut lors d’une fête. D’habitude, les palefreniers terminaient leur service convenu, recevaient leur salaire et cherchaient du travail pour l’année suivante. Dans de nombreux endroits se tenaient, outre les fêtes, des foires et des marchés aux bestiaux. Dans les régions viticoles, on organisait ce jour la
fête du vin nouveau.
L’oie de la Saint Martin bien grasse et bien rôtie, d’habitude servie avec des quenelles au pain ou aux pommes de terre et avec du chou rouge, est inséparablement liée à cette fête. D’ailleurs, deux légendes y sont liées. L’une d’entre elles dit que l’on en mange car les oies de la Saint Martin dérangeaient durant le sermon et qu’elles purgent donc leur peine sur un plat à rôtir. La seconde dit que Martin était si modeste qu’il se cachait dans une étable à oies avant d’être élu évêque, mais que les oies ont révélé sa présence par leur gazouillement. La table de la Saint Martin doit proposer également des gâteaux en forme de croissant, fourrés de pavot ou de marmelade de quetsches et, bien entendu, le
vin nouveau déjà mentionné, rouge ou blanc, qui accompagne très bien les plats de la cuisine tchèque.