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Bolkov, une commune qui préserve le patrimoine de la Réforme

 
photo:  (radio.cz)
 

La charmante petite commune de Bolkov au pied de Černá Hora, la Montagne noire, dans les Monts des Géants, est la destination de ce magazine touristique dans lequel Radio Prague vous invitera aussi au musée de Vrchlabí, à une exposition consacrée au cadre naturel des plus hautes montagnes tchèques.

 
 

A deux heures de route de Prague, dans le nord-est de la Bohême, se trouve Bolkov, une commune nichée dans la vallée d'un ruisseau éponyme, au pied de la Montagne noire. Les origines de Bolkov remontentnt à l'an 1515 et sont liées à l'extraction de l'or, de l'argent et de minerai de fer. La plupart des maisons à colombages qui bordent le ruisseau ont une longue histoire témoignant de la colonisation médiévale des Monts des Géants. Plusieurs d'entre elles offrent un logement agréable aux visiteurs qui, s'ils viennent pendant la période printanière, sont témoins d'un phénomène unique qui ne se rencontre que dans les forêts locales: des champs de nivéoles y poussent par milliers sous les arbres défeuillés. Or Bolkov offre d'autres curiosités encore.

Notre premier arrêt est à l'église Saint-Venceslas édifiée au XIVe siècle et remaniée dans le style Renaissance par l'architecte local d'origine italienne Carlo Valmadi. Les travaux ont été financés par le propriétaire du domaine à l’époque, Hannibal Wallenstein, dont la pierre tombale est intégrée dans un mur de l'église. De l'autre côté du ruisseau se dressent les ruines d'une église évangélique, la plus ancienne dans les Monts des Géants. La communauté évangélique l'a fait construire après la promulgation de l'Edit de tolérance par l'empereur Joseph II. L'église a été consacrée en 1786, raconte Olga Hájková, directrice du Musée des Monts des Géants à Vrchlabí :

« Jusque-là, pendant plus de deux cents ans, des messes clandestines étaient célébrées à ciel ouvert, à un endroit dénommé « Grindl » dissimulé sous les couronnes de tilleuls plantés en cercle. En hiver, les protestants se réunissaient dans des granges et des fermes. L'Eglise hussite tchécoslovaque est devenue propriétaire de l'église en 1945, après le transfert de la population allemande. »

Les près de 250 habitants vivant avant la Deuxième Guerre mondiale à Bolkov ont été transférés. La communauté évangélique y a cessé ses activités en 1948. L'église dévastée risquait de tomber en ruines. Pour éviter le pire, sa coupole a été arrachée, en 1991. L'état de l'église qui ne cessait de se détériorer n'a pas laissé indifférents les habitants actuels et anciens de Bolkov pour lesquels il s'agit d'un endroit mystique, chargé d'histoire : selon la légende, Comenius aurait séjourné dans cette paroisse lors de sa fuite en 1628 à Leszno, en Pologne.

En 2010, des personnes enthousiastes à l'idée de la sauvegarde de l'église ont créé l'Association des amis de Bolkov. A ce jour, ses membres ont nettoyé et rénové les tombes du cimetière entourant l'église. Leur souhait est de conserver les ruines de la plus ancienne église évangélique dans la région. Pour ce faire, l'association s'est ralliée au projet de valorisation des monuments de la Réforme qui est financé avec des fonds européens.

Une autre mention écrite de Bolkov de 1550 est liée à l'édification d'un bief allant du ruisseau Zlatý potok au pied de la Montagne noire et servant, à l'origine, à transporter des minerais et, plus tard, à faire marcher divers ateliers dépendant de la force de l'eau. Aujourd'hui encore, on aperçoit près des dernières maisons de Bolkov les vestiges d'un ouvrage hydraulique ingénieux qui aidait à approvisionner en eau une brasserie fondée ici en 1550 par Jiří de Wallenstein. Grâce à ce bief, bien d'autres services ont pu fonctionner à Bolkov, dont un atelier du tourneur, ainsi qu'une manufacture de bardeau, ainsi que l’observe Olga Hájková :

« Le canal d'irrigation allait de la Montagne noire jusqu'au ruisseau de Bolkov dont le cours a ainsi été renforcé. Cela a permis la mise en service de plusieurs productions dont en premier lieu des moulins. »

Le bief est resté en service pendant près de 400 ans. Son activité a pris fin avec le transfert d'après-guerre de la population allemande. Selon un recensement effectué en 1939, Bolkov comptait 70 maisons, une école, deux auberges, un bureau de poste, et plusieurs magasins. Aujourd'hui, Bolkov n'a qu'une cinquantaine d'habitants permanents, sans compter ceux qui y ont une résidence secondaire.

La commune est située à un emplacement stratégique, au carrefour des routes menant à Vrchlabí, Hostinné et Trutnov, trois importantes villes des Monts des Géants. Dans les environs les plus proches de Bolkov, un site qui vaut le coup d'oeil, c'est Zlatá Vyhlídka où une tour panoramique haute de 22 mètres offre des vues des monts Orlické, à l'est, jusqu'au mont Ještěd, à l'ouest. Droit devant nous se dresse la Montagne noire, avec la station de départ de la télécabine reliant la ville thermale de Janské Lázně au sommet de la Montagne noire qui se situe à 1299 mètres et qui est le point de départ de différentes pistes.

A une dizaine de kilomètres à l'ouest de Bolkov se trouve la ville de Vrchlabí, considérée comme la porte des Monts des Géants. Le musée des Monts des Géants y a son siège dans trois jolies maisons à colombage situées en haut de la place centrale, ainsi que dans les locaux de l'ancien couvent des Augustins de 1705. La directrice du musée Olga Hájková nous sert de guide à une exposition consacrée au cadre naturel des plus hautes montagnes de République tchèque :

« Nous voilà dans l'exposition écologique intitulée « La Pierre et la vie » qui occupe la grande partie du rez-de-chaussée du couvent et l'ensemble de ses espaces souterrains. Inaugurée en 1984, l'exposition est conçue comme une sorte de théâtre présentant le patrimoine naturel montagnard. La salle principale de l'exposition est consacrée à la toundra arcto-alpine qu'on peut rencontrer sur les crêtes et qui occupe 4% de la superficie du parc national des Monts des Géants. La toundra est un phénomène typique des Monts des Géants, on ne le trouve nulle part ailleurs en République tchèque. »

Comme on l'apprend sur l'un des panneaux, la protection de la toundra est le premier objectif suivi par son inscription, en 1992, dans le réseau des réserves biosphériques de l'UNESCO. L'exposition présente un autre phénomène typique des Monts des Géants, celui des systèmes anémo-orographiques. Etant à l'origine de la haute diversité végétale dans les cirques glaciaires de ces montagnes, ils peuvent s'expliquer par l'interaction de la circulation des vents et la configuration du terrain, comme l'explique Olga Hájková :

« Ces systèmes sont responsables, entre autres, de l'accumulation de la neige sur les hauts plateaux des Monts des Géants. Sous certaines conditions climatiques, la neige glisse vers des reliefs karstiques en forme d'avalanches. L'effet des avalanches dans les Monts des Géants n'est pas que négatif ; elles influent positivement sur la nature montagnarde du fait que les versants déboisés exposés aux avalanches produisent une riche et rare végétation de haute diversité. »

L'exposition présente aussi un minerai qui, s'il avait été exploité, aurait changé à jamais l'image des plus hautes montagnes tchèques. On écoute Olga Hájková :

« Ce minerai rare qui s'appelle la scheelite contient la wolframite qui est un métal très recherché pour la fabrication d'aciers spéciaux. Pour cette raison, une prospection a été organisée dans les années 1950 dans la vallée « Obří důl » qui a constaté de très faibles concentrations de cet élément. Ceci a évité l'extraction de ce minerai qui aurait eu des effets dévastateurs pour le patrimoine naturel précieux de la vallée et ses environs. »

Avant de retourner à Prague, notre dernier arrêt est dans la ville déjà mentionnée ci-haut : Hostinné, dont le nom pourrait être traduit en français comme accueillant, hospitalier. Ici, dans un ancien monastère franciscain désaffecté, se trouve une véritable curiosité que personne n'aurait cherchée dans les Monts des Géants : une galerie d'art antique, avec des œuvres uniques comme Niké, Homère ou Trajan. Il s'agit d'une collection réunie par l'université Charles et déplacée en 1965 des locaux du Clémentiunum dans la ville de Hostinné.


 
Auteur: Český rozhlas Radio Praha
 
Ajoutée: 20.03.2014
 
 
 

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